Troisième trimestre et accouchement

Toute bonne chose a une fin mais heureusement toute chose pénible aussi. Ce dernier trimestre n’aura donc pas été plus agréable que les deux précédents ! Les nausées m’ont accompagnée jusqu’au jour de l’accouchement, jour et nuit. D’ailleurs je ne pouvais dormir que 3h par nuit les dernières semaines. Mais au moins je voyais le bout comme on dit, ce qui m’aidait bien, psychologiquement parlant.


En dehors de cet état de fait (que celui qui appelle ça « petits maux de grossesse » se tape 8 mois de gastro et on en rediscute), tout allait bien pour bébé qui a décidé que mon bassin était parfaitement confortable pour caler ses fesses dedans, et par la même occasion que mon estomac remplissait admirablement bien la fonction d’oreiller (possible facteur de renforcement des nausées). Du coup, après quelques tentatives d’aide au retournement (acupuncture, positions improbables et autres incantations…), il a été décidé que l’on se dirigeait vers une césarienne.

Le jour J, le 20 août, à 39 semaines tout pile, je suis arrivée à la maternité, en même temps excitée, effrayée, réjouie, stressée… J’ai la chance d’habiter à 5 minutes d’un hôpital où ils pratiquent des césariennes dites « douces ». Cela implique plusieurs paramètres, certains faisant partie des détails et d’autres étant primordiaux pour moi. Voici en quoi cela consiste : je suis allée en marchant au bloc opératoire, pas dans un lit, ce qui est déjà une manière d’être active et non pas de subir l’accouchement à venir. Ensuite mon homme a pu être présent tout au long de l’intervention, et même avant pour la pose de la rachi-anesthésie et aussi après, en salle de réveil. Les gens parlaient doucement dans la salle (et il y avait du monde, une petite dizaine de personnes), les lumières étaient tamisées. On m’a demandé de pousser au moment où les médecins ont sorti le bébé, même si c’est plus symbolique que vraiment utile, ça fait participer. Quand mon bébé est sorti, après quelques petites minutes de stimulation/aspiration, on me l’a posé sur la poitrine, dans un bandeau qui tient chaud et qui le maintient bien en place. Il est resté sur moi pendant que les gynécologues me recousaient puis en salle de réveil où j’ai pu lui proposer le sein directement pour la première tétée. Et ça, c’est juste génial par rapport aux césariennes dites « classiques » où on est séparée de son bébé pendant quelques heures avant de remonter en chambre. Tout ceci a contribué au fait que cet accouchement s’est très bien passé, et l’expérience que j’en ai eue n’a pas été du tout traumatisante, bien au contraire.

Pour l’anecdote, j’étais persuadée d’attendre un garçon, je ne saurais pas expliquer pourquoi. Quand j’ai entendu ses premiers cris, je me suis dit, woaw ce petit respire ! Et puis la sage femme est venue vers moi et m’a dit : « ne vous inquiétez pas, votre bébé va très bien, on a juste dû la stimuler un peu ». LA ?? Mais… c’est une fille ?? C’est ma fille !! Quel bonheur !

Deuxième trimestre

Je vous avais laissé avec un premier trimestre un peu compliqué au niveau de la forme… Des grosses nausées royalement invalidantes, mais une bonne évolution de grossesse. Eh bien le deuxième trimestre a été… quasiment pareil ! Je n’ai même pas répondu à vos messages d’encouragement car j’étais trop mal. Clouée dans mon canapé, le corps en vrac, le coeur en joie mais la tête qui oscille entre les deux… J’ai été mise en arrêt de travail 5 jours avant le confinement et puis voilà, cette pandémie m’a permis de me reposer et de « survivre » à ces mois physiquement pénibles. J’ai repris le travail à 50% depuis trois semaines et il reste encore trois semaines avant les grandes vacances qui marqueront le début de mon congé maternité. Je peux dire qu’il y a des jours ou ça va un peu mieux, c’est déjà ça de pris !

Qu’on ne se méprenne pas, je mesure la chance que j’ai, non seulement d’être enceinte, mais en plus d’avoir un bébé apparemment en toute bonne forme, qui évolue bien et qui gigote dans tous les sens. Toutes les échographies étaient bonnes, mes tests aussi, pas de diabète, on continue comme ça. J’ai par contre un peu d’oedème dans les jambes, ce qui me donne, en plus de la sensation de jambes lourdes, une cellulite de dingue, mais paraît que ça s’atténuera après l’accouchement. Mon mal-être est physique, mais je ne suis pas anxieuse ni stressée et ça, c’est déjà une sacrée chance ! Mais je dois dire qu’il y a encore un certain tabou à dire « non, je n’aime pas du tout être enceinte », surtout quand on vient de PMA ! Mais voilà, j’essaie de le tourner positivement et de dire : « je me réjouis TELLEMENT qu’il/elle soit dans mes bras » !

Nous avons choisi de garder la surprise, on ne sait pas si c’est une fille ou un garçon. Je me suis dit que la joie de le découvrir serait une motivation supplémentaire pour pousser plus fort le jour J ! Mon chéri est aux petits soins, il me fait des massages tous les jours pour essayer de m’apporter un peu de bien-être. Je suis déjà entrée dans le dernier trimestre, mais franchement… vivement dans deux mois et demi !!!

Premier trimestre

12 semaines, ça y est, elles sont passées. Pas comme une lettre à la poste, non. Une petite semaine après l’annonce positive, j’ai vomi. Depuis, j’ai la nausée en permanence. Matin, midi, après-midi, soir, nuit et on recommence. C’est pas une partie de plaisir, parce que même si je mesure ma chance et que je suis infiniment reconnaissante de pouvoir vivre cette expérience, j’ai vraiment du mal à en profiter. Ma tête se réjouit beaucoup, mes tripes n’arrivent pas à trouver l’énergie nécessaire pour le faire !

Au-delà de cet état de fait, tout va bien pour la grenouille qui pousse dans mon ventre. J’ai eu quelques saignements au début, sans gravité, mais qui font que j’ai déjà eu… 5 échographies ! Je suis maintenant de retour chez ma gynéco « normale », que j’aime beaucoup, qui est très franche et claire, et dont je vous livre ici quelques bribes de conversation :

Elle : buvez du coca, c’est bien contre les nausées.
Moi : mais… y a de la caféine !
Elle : on s’en fout, on est en mode survie !

Elle : c’est quoi comme dose d’oestrogènes dans vos patchs ?
Moi : 2 fois 100
Elle : aah oui, quand-même, ils vous ont mis la dose de cheval à la PMA !

Elle : bon, vu votre parcours, ça ne vous choque pas si je vous parle de faire une échographie endovaginale ?
Moi : non, c’est pas comme si c’était nouveau.
Elle : parfait, c’est ce que je pensais !

Moi : à cause des nausées, je fais des associations d’aliments bizarres…
Elle : mangez ce qui vous fait plaisir, oubliez la diététique, vous mangerez sainement plus tard !

Elle : on va faire le test pour les trisomies, c’est un calcul qui prend en compte votre âge, la clarté nucale et des marqueurs sanguins. Je vous avertis déjà, pas de panique, même si tout va bien, ça sera mauvais.
Moi : ah ?
Elle : oui, à cause de votre âge le résultat ne sera pas bon. Mais c’est pas grave !

Moi : regardez, on voit déjà mon ventre qui pousse !
Elle : désolée de vous décevoir, c’est pas le bébé, c’est vos intestins qui ont triplé de volume !

Bref, elle m’avait manqué ces trois dernières années !

Nous allons l’appeler Goldorak !

Oui, car ça y est, nous avons eu un résultat… positif ! Je n’en reviens toujours pas.

Mais revenons au moment du transfert, qui s’est tout bien passé, comme les fois précédentes d’ailleurs. Le J6 à très bien supporté la décongélation, et comme le pingouin précédent, on voit qu’il manifeste déjà un certain élan puisqu’une protubérance se fait voir sur l’écran du microscope. « Il cherche déjà l’accroche, il est pressé » nous dit la doctoresse. Et nous retournons à nos occupations. Rien de spécial à déclarer sur les jours qui ont suivi. Une semaine plus tard je vais à ma soirée badminton et me fais challenger par un copain qui m’achève littéralement. J’ai tout donné, je n’en peux plus et je me dis que j’ai peut-être un poil exagéré avec un embryon qui est sensé s’accrocher. Mais bon, je me dis aussi que j’en ai un peu marre de me priver pour rien (c’est ce qui se passe depuis environ 3 ans) et qu’au mieux, il sera déjà au courant qu’il a une maman active…

11 jours après le transfert, tôt le matin, prise de sang. Je ne ressens rien de spécial et je n’ai pas mes règles mais comme d’hab, avec la progestérone, pas moyen de savoir grand chose. A midi, c’est mon Homme qui appelle parce que moi je n’ai pas vraiment envie de connaître le résultat là tout de suite. Je ne suis tout de même pas loin et depuis la cuisine je l’entends qui dit « quoi ? mais qu’est-ce que vous me dites ? je ne comprends pas ce que ça veut dire », alors qu’il est tout à fait au courant des termes et du jargon, étant lui-même dans le milieu médical. L’infirmière était en fait en train de lui dire que le taux de bHCG était à 135… Nous sommes tous les deux abasourdis par la nouvelle, un peu paumés, genre « mais comment c’est possible ? » (oui, comme si on oubliait qu’on faisait tout ça pour que ça fonctionne éventuellement). Et trois jours plus tard on est de retour à l’hôpital pour la deuxième prise de sang qui s’avère avoir plus que doublé (je n’ai même pas demandé le taux, cette info me suffisait).

Cela fait maintenant une semaine, et toutes les 5 minutes je dois me redonner l’info parce que je n’ai pas du tout enregistré. En plus, j’ai des douleurs de règles légères, c’est mon seul symptôme, donc rien de nouveau comme sensation, ça n’aide pas spécialement à réaliser. Bien sûr, on est tout fous, hyper heureux, mais on sait aussi que rien n’est acquis à ce stade. C’est un peu comme si je n’étais pas encore vraiment montée dans le train, mais au moins j’ai déjà le ticket en main et ça, c’était pas gagné d’avance ! Dans deux semaines nous aurons la première échographie, peut-être que ça me permettra de prendre un peu plus conscience de ce qui se passe en moi ?

Je n’ai rien fait de spécial (à part toutes les procédures médicales qui sont déjà bien spéciales en elles-mêmes !!) pour que ça marche, en tout cas pas lâché prise ! N’en déplaise aux producteurs de RALC !

Alors je sais que cet article va sûrement provoquer le même petit pincement au coeur de certaines d’entre vous que celui que j’ai ressenti si souvent et pour ça je m’excuse. Mais gardez la flamme, créez, respirez et accrochez-vous à tout ce qui est positif autour de vous. Joyeux réveillon à chacune et plein de paillettes dans vos coeurs !

Un petit TEC et puis s’en vont

Olé !

Après un mois de pause post transfert frais négatif post ponction FIV2 (vous suivez ?), nous nous sommes relancés dans notre premier TEC. Alors ça fait du bien d’avoir un suivi light et aucune piqûre. J’ai même régulièrement oublié qu’on était en train de suivre un protocole, c’est dire ! Enfin, ça c’était au début, quand il n’y avait que les patchs à changer deux fois par semaine. Ensuite, avec l’Utrogestan trois fois par jour c’est plus compliqué de ne pas y penser… Bon, je vous passe le suspens, tout s’est bien passé, endomètre nickel, embryon nickel, transfert nickel, tout nickel, résultat négatif. Bon, ben voilà, ce n’était que le deuxième transfert, que la deuxième fois de ma vie que j’avais réellement une chance d’être enceinte. C’est quand-même pénible, je ne minimise pas. Le fait d’en avoir encore deux au congél’ ça aide quand-même à ce stade, même si bien sûr, ça nous rapproche aussi d’une potentielle fin de parcours, même si on ne sait pas encore ce qu’on fera si ces deux-là ne s’accrochent pas.

Pour « égayer » un peu tout ça, je vous raconte une anecdote. Je parle un peu de ma situation à une collègue, sans entrer dans les détails et là elle se met à me raconter l’histoire d’une copine d’une de ses copines (oui, oui, classique). Alors la fille, ça faisait sept ans qu’elle était en PMA, elle n’en pouvait plus, elle est sortie en boîte, a couché avec un gars, est tombée enceinte direct et a avorté droit derrière. Mais accrochez-vous, ce n’est pas fini ! Elle se remet avec son gaillard d’avant et hop ils ont deux enfants… Alors je ne sais pas si le message de ma collègue c’était : « couche avec un autre gars, ça peut marcher » ou bien « tu dois être coincée de qque part, sors en boîte ça se répare », mais euh… ce n’était pas exactement approprié ! Bon, je sais bien que les gens ont besoin de dire des trucs pour se rassurer quand on leur parle de PMA, mais quand-même, il y en a qui exagèrent, non ?! Bref, on m’en a sorti des conneries depuis le temps, mais là c’était tellement absurde que ça m’a fait bien rigoler !

Davantage que les deux copines (elles ne se connaissent pas) qui m’ont annoncé chacune leur grossesse le même week-end que mon résultat négatif… Rhaaaa patience et persévérance, sautez-moi contre ! Chères copinautes de galère, serrons-nous les coudes en ce mois de novembre grisouillet. Je vous embrasse.

Ce n’est pas pour cette fois

Ce matin je me rends au centre pour ma prise de sang la gorge nouée… Les saignements se sont changés en règles, et le résultat négatif devient une réalité de plus en plus tangible. L’infirmière est très empathique et entourante.

Je demande directement comment va se passer la suite (à savoir la décongelation d’un de nos petits pingouins), elle me dit qu’il faut d’abord voir le gynéco. Elle prend l’agenda et me dit « mmh, y a plus de place jusqu’à Noël ». Méga gloups. Elle voit mon regard inquiet et ajoute : « ne vous inquiétez pas, je vais trouver une solution ». Elle file dans le couloir où passait le doc entre deux consultations, l’attrape et lui demande si elle peut caser un rendez-vous pour moi hors de ses horaires. Il répond « mais bien entendu », et voilà, j’ai rendez-vous dans deux semaines ! Oufff !

Elle me dit « avec la déception que vous avez vécue à la première FIV, on ne va pas vous laisser comme ça ». Ça c’est vraiment sympa, et ça me soulage beaucoup. On va donc faire un mois de pause bienvenu et puis on y retourne pour un premier TEC.

Je suis sortie de là un peu sonnée, les larmes aux yeux, je n’ai pas réussi à aller retravailler ce matin, j’ai filé manger avec mon chéri à son travail à midi. Ça nous a fait du bien de nous retrouver pendant ce petit moment.

Cet après-midi j’ai quand-même appelé le centre qui m’a confirmé le négatif. Ça ne m’a pas trop secouée, j’avais déjà réalisé et accepté ce matin. En prenant mon téléphone pour appeler, j’ai vu que j’avais reçu un message d’un pote qui annonce la naissance de son fils ce matin (pendant ma prise de sang tiens)…

Bon, maintenant je me sens mieux et je mesure la chance que nous avons d’avoir encore plusieurs tentatives devant nous, et une situation pas si désespérée que ça, même si rien n’est jamais joué, of course.

Des pensées pour toutes celles d’entre vous qui sont dans la même galère, peu importe à quel stade.

Peace, love et PMA.

Douce attente

Voilà, ça fait 9 jours qu’a eu lieu le transfert d’un petit blasto J5. J’imaginais que l’attente allait être terrible.

Mais en fait, pas du tout. J’aime bien être entre deux eaux. Je suis enceinte et pas enceinte en même temps, comme le chat de Schrödinger si ça avait été une chatte. Au moins, tant que je n’ai pas eu le résultat de la prise de sang, il n’est pas négatif.

Je ne me fais pas d’illusions : j’ai des saignements depuis 4 jours… Je me fais des illusions : je me dis que peut-être, sur un malentendu…

Bref, j’attends jusqu’à mercredi et ça me plaît assez 😊

Histoire d’oeuf

Ce matin, en sortie avec 5 de mes élèves, l’un (8 ans) me dit, sorti de nulle part, en lien avec rien du tout :

« Tu sais maîtresse, pour me faire, ma maman elle est allée chercher un oeuf en Espagne. C’est une dame qui lui a donné, ils en ont pris une qui ressemble à ma maman, mais quand-même, moi je ressemble plus à mon papa. »

Son voisin me dit: « J’ai rien compris ».

Et me voilà à expliquer la FIV-DO à quatre gamins visiblement très intéressés par le sujet 😅

On dit parfois que nos enfants nous choisissent. Moi je me demande si on ne pourrait pas appliquer ce principe à nos élèves aussi… (ou alors c’est marqué PMA sur mon front mais j’ crois pas 😁)

Les montagnes russes… ou suisses !

J’ai l’impression d’avoir vécu tant d’émotions diverses cette semaine que je ne sais même pas par quel bout l’empoigner pour la raconter… Je vais essayer dans l’ordre, ça me fera ranger les trucs dans mon cerveau par la même occasion.

Mardi matin, ponction. Je suis plutôt détendue, je sais à quoi m’attendre. Tout se passe bien, hormis une douleur assez vive au réveil, assez vite supprimée par une dose de morphine en intra-veineuse. Partie de Scrabble traditionnelle avant l’arrivée du médecin pour l’annonce du nombre d’ovocytes ponctionnés : 12. Très bien, on est tout content du nombre mais voilà, je commence déjà à flipper grave par rapport à la fécondation après le résultat désastreux de la 1ère FIV. Bon, on est en ICSI cette fois mais quand-même, j’ai la trouille.

Après une nuit très peu reposante, mon Homme téléphone au labo (exclu que je le fasse moi-même, je ne peux pas imaginer entendre la même phrase que la dernière fois). Mais bon, je tends l’oreille à côté de lui quand-même, hein. « 11 ovocytes mature, 11 fécondés ce matin » dit la dame. Aaaah, ça a marché ! Je crie et je me calme vite fait parce que mon chéri n’entend plus la suite des informations. On doit rappeler à J5, 8h30. Ah bon, pas avant ? Bon ben ok.

Je passe la journée à la maison pour récupérer et je m’ennuie, ce qui ne m’est pas arrivé depuis environ 25 ans je pense. Mais voilà, je tourne en rond, je m’impatiente et je stresse. Le lendemain je retourne bosser, ça aide même si je ne suis pas très efficace et que j’y pense sans arrêt. Le vendredi c’est notre jour de congé, on décide d’aller faire un tour chez nos voisins français, ça nous change les idées. Je suis crevée par tout ce stress, je dors dans la voiture sur le trajet aller. Et sur le trajet retour aussi. Du coup ben je ne dors plus la nuit.

Samedi matin, J5, ou comment vivre les montagnes russes en un coup de fil au labo : « Alors vous pouvez venir ce matin pour un transfert frais (ouiiiiii), il y en a un de prêt (quoi, que un ?!?). 5 ont arrêté leur développement (arffff), et les 5 autres sont encore évolutifs (yeeeah), mais on ne sait pas combien il en restera demain (le streeeesss encore!) » Bon, on décide de se concentrer sur la bonne nouvelle de celui qui est prêt et on file au labo (pour le premier transfert de ma carrière quand-même !)

Une fois installée, on nous présente notre champion sur grand écran depuis le microscope. C’est le plus beau blastocyste du monde, bien évidemment. J’ai droit à une échographie externe pour la première fois, je suis très fière (même si j’y peux rien, c’est sûr). On voit le cathéter qui est bien mis en place dans l’utérus et la doctoresse envoie la préparation. Puis, dans une espèce de ballet de gestes et de mots bien organisés, elle redonne la seringue à la laborantine. On attend sans bouger quelques secondes puis on entend « ah ben non, il est encore là! ». L’Homme stresse un coup, ce que je comprends, mais de mon côté je suis au contraire rassurée, ça veut dire qu’elle a vu qu’il était coincé dans le cathéter. Deuxième essai et « cette fois c’est bon, il n’est plus là! ». Ha, on a déjà un mariole 😉

La doctoresse nous fait les recommandations d’usage : « pas de trampoline cet après-midi, ni viande ni poisson cru ». Très bien, on part prendre un petit déj’ végétarien, contents mais pas encore rassurés sur le devenir de nos 5 embryons J5 qui ne sont pas encore des blastos (« un peu en retard » a dit la dame). L’après-midi on ne fait donc pas de trampoline, mais un peu de ping-pong parce que je ne tiens pas en place.

J6, ce matin, lundi, jour férié dans mon canton. Mais la laborantine nous a dit hier qu’elle était de garde et qu’elle nous appellerait à 11h à la fin de son service, pour ne pas qu’on attende jusqu’à mardi. Très sympa. Mais en même temps je pense que je suis gentiment au bout de mon quota de téléphones importants à attendre. Enfin, c’est pas comme si j’avais le choix. A 10h45 on part marcher, à 11h10 on s’assied sur un banc en pleine campagne. Et à 11h11 téléphone : « vous avez 3 blastocystes qu’on a congelés ce matin ». Ouffffff. Maintenant, la sieste.

Des pensées à vous toutes, on est quand-même des sacrées warriors, quel que soit le résultat.